Les réseaux sociaux, internet et objets connectés

Les réseaux sociaux, internet et objets connectés :
Le cauchemar d’un rêve de liberté.

« L’homme est un loup pour l’homme ». Thomas Hobbes, Le Léviathan, 1651

Il existe des adages vieux comme le monde. Des adages que l’être humain s’est forgé à la force de sa propre nature. Et bien qu’il y aurait beaucoup à redire, l’homme semble difficilement apprendre. Ou comprendre, malgré son intelligence que nul ne saurait contester. On pourrait se dire qu’il est ce surdoué ; incapable de prendre mesure de son talent, embrassant le rôle d’un élève médiocre. Un élève laissant cours à ce qu’il peut faire, sans pour autant penser au sens et à l’impact des fruits de ses actes.

Les réseaux sociaux, l’internet et certains objets connectés en sont l’exemple même. Synonymes de progrès technologiques, ils nous permettent d’aller plus vite, de dire plus vite, de voir plus vite, d’acheter plus vite etc… Ils sont de formidables et indiscutables outils où l’immédiateté et l’instantané sont au service de nos désirs. Où l’information et la culture sont disponibles partout dans le monde. Où la liberté d’expression ne jouit d’aucune contrainte.
Et pourtant, la réalité semble laisser place à une situation bien moins reluisante. Une forme d’utopie où règnent le pouvoir, le monopole, la manipulation et le business à outrance. Où le tyran, d’antan, se dissimule. Caché derrière une intelligence artificielle où les données personnelles et l’addiction des utilisateurs représentent le graal d’une économie capitaliste. Jamais rassasiée et s’éloignant toujours plus d’une éthique sur nos libertés.

En ce sens, il est légitime de comprendre les fondements d’un tel système. Ou plutôt sur ce qui pousse l’utilisateur à persister dans un système où ses libertés semblent glisser inexorablement vers une sorte de servitude volontaire.
Etienne de La Boétie nous en explique les raisons principales dans son « Discours sur la servitude volontaire », datant de 1576. Un discours étant toujours autant d’actualité aujourd’hui. L’habitude, l’oubli de ce qu’est la liberté, « la coutume d’obéir », l’ignorance, l’enfermement dans des divertissements et des superstitions, « l’asservissement des sujets, les uns par les moyens des autres » etc.… sont autant de raisons qui conduisent au pouvoir démesuré des tyrans. Et il ne faut pas s’y tromper : « les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Une subtilité pernicieuse où le dominant ne domine que par le pouvoir que lui laisse volontairement le dominé.

De nos jours, la croissance et le pouvoir des réseaux sociaux et des serveurs internet menacent considérablement nos libertés, à défaut de les renforcer. Au point que certaines voix commencent à s’élever. Récemment, Chris Hughes, cofondateur de Facebook, a appelé au démantèlement de la multinationale. Des études récentes ont montré l’importante addiction des nouvelles générations aux réseaux sociaux et objets connectés. Elles ont mis en évidence les dangers physiques comme moraux. Des applications ont même vu le jour pour nous permettre d’évaluer notre proportion de temps passer à scruter nos téléphones, nos réseaux etc…

Comme le disait le poète et philosophe allemand Friedrich Hölderlin, « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve ». Il existe bien entendu des solutions que chacun peut mettre en place. Des solutions à la portée de tous qui ne laissent place au fatalisme ou à la servitude. La résistance, la résilience et la raison faisant partie intégrante de telles solutions et nécessitant un investissement personnel.

Lectures conseillées :
La civilisation du poisson rouge, petit traité sur le marché de l’attention, Bruno Patino

Discours sur la servitude volontaire, Etienne de La Boétie

Florent Majoullier

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